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Quelle place pour la musique en bibliothèque?
- by Xavier Galaup
Je reprends ici un courriel diffusé sur discothecaires_fr à propos de la lancinante question que se pose en ce moment les bibliothécaires musicaux.
Etre de simple pourvoyeur d’une offre de documents est une impasse.Cela revient à se positionner dans un univers de consommation sur lequel, T. Saglio, a raison de dire que nous ne ferons jamais le poids. En outre la démocratisation basée sur l’offre est aussi insuffisante car l’appétence à la culture se développe du fait de contacts répétés et à des pratiques culturelles régulières.
C’est pourquoi je défends depuis quelques temps l’idée que les bibliothèques y compris musicales doivent développer ou renforcer les activités de pratiques culturelles autour des collections (matérielles ou virtuelles). J’en parlais dans mon diaporama présenté lors des rencontres nationales 2007 et c’est l’un des points de vue que je développe dans mon mémoire d’étude du diplôme de conservateur.
Pour les bibliothèques musicales, il s’agirait d’accompagner les pratiques musicales et la culture musicale autour des contenus:
- Les animations bien sûr sans chercher à faire des inscrits et des prêts.
- la formation. Il me semble que c’est une grossière erreur que de négliger cela en France. Selon le contexte, des actions de formation musicale, seul ou en partenariat avec les écoles de musique. Liste non-exhaustive: découverte de la musique, solfège, apprentissage et pratiques d’instruments,…
Pour un Système Universel de Gestion de Bibliothèques
- by Xavier Galaup
L’annonce de Worldcat Local transmis ici par Nicolas Morin ravive des réflexions à propos des perspectives à long terme de nos Système Informatique de Gestion de Bibliothque (SIGB). L’an dernier j’avais vu l’exemple du portail des bibliothèques danoises: Sogning. Ce portail permet la recherche et la mise à disposition de documents même s’ils ne sont pas dans sa bibliothèque d’inscription. Extrait de leur page About bibliotek.dk:
« In bibliotek.dk you will find records of all items published in Denmark as well as all items found in the Danish public & research libraries.Thus, bibliotek.dk is not a library but rather a database of the items found in the stock of the Danish public libraries.
Furthermore, you can place requests for items at your local library (even if the library does not have the item you want) – you decide which library to contact. You pick up the item from the selected library. «
Eu égard aux évolutions des catalogues et des accès internet, nous pouvons très bien envisager une solution dite client-serveur au niveau national: un SIGB (libre) pour toutes les bibliothèques (universitaires et publiques) qui s’y connectent en tant que client. Le SIGB national récupère les notices (BnF, Electre, Amazon, autres…). Les bibliothèques cochent la case commande pour les acquisitions, puis ajoutent les informations locales (inventaires, cotes). Fin du doublonnage des activités (catalogage, indexation, rattachement SUDOC,…)
Ce Système Universel de Gestion de Bibliothèques pourrait aussi prendre en charge les fichiers lecteurs et la circulation (prêt/retour) des documents. Quant aux statistiques, plus besoin des lourdes enquêtes Sous-direction des bibliothèques et DLL, tout est réuni au même endroit. En cas de problème de connexion internet, il faut prévoir un prêt local qui puisse se télécharger ensuite sur le serveur national.
Le prêt entre-bibliothèque en serait aussi simplifié via cette plate forme unique. Il serait du coup possible d’envisager de faire circuler des documents au niveau local (département, région, autres limites ou pas de limites…) afin de mieux répondre aux demandes ponctuels des usagers.
La recherche de documents sur les bibliothèques françaises se ferait via une interface unique voire via un plug-in Firefox.
Cette solution n’exclue pas la possibilité de faire des portails locaux avec des interfaces personnalisées grâce à des modèles de page spécifiques.
Si je prône une solution libre, c’est afin que nos collègues informaticiens volontaires puissent à développer des fonctions complémentaires au lieu de passer des heures et des jours à contacter la maintenance des logiciels ou de relancer sans arrêt pour demander la mise en oeuvre de nouvelles fonctionnalités. L’idée serait de faire soi-même ou de faire développer des fonctions type web 2.0 autour du catalogue et surtout de pouvoir le mélanger/remixer (mash-up) avec d’autres scripts ou logiciels libres ainsi que faciliter l’appropriation de nos données par les internautes. Pour les collègues qui ne se sentent pas l’âme programmeuse, ils pourraient se consacrer à la formation, à l’animation et à l’accompagement de cette médiation numérique…
Les problèmes techniques et financiers d’une telle utopie sont mineurs à coté des bouleversements que cela supposent dans la culture professionnelle (abandon du catalogage, quelle sera la forme de la notice idéal?, ne plus être propriétaire de ses données, absence de maîtrise du SIGB,…) sans compter le bouleversement sur la marché des logiciels de bibliothèques.
Il me semble en tout cas que cette perspective offre beaucoup de liberté pour développer ensuite un ensemble de services numériques (créer des articles sur des genres littéraires, des sujets académiques, des questions de sociétés ou repérer, sélectionner et mettre en valeur des informations sur le web) qui eux aussi pourraient être mutualisés et donc plus ambitieux en terme de contenus et d’étendue de l’offre.
Est-ce trop utopique?
Présentation « Les voies diverses de la musique numérique »
- by Xavier Galaup
Voici le diaporama que j’ai présenté à la journée d’étude du 31 mai 2007, La Médiathèque dématérialisée. 1, La musique organisée par Cible 95 et la BDP du Val d’Oise:
Pour ceux qui étaient présents, j’ai modifier les titres de ma dernière partie de médiation musicale virtuelle à socialisation musicale virtuelle qui correspond mieux au contenu. Je l’avais formulé différement pour ne pas empiéter sur l’intervention suivante de B. Sok mais il n’a pas vraiment abordé ce point de vue.
Je vous invite à consulter aussi l’excellente intervention de Gilles Rettel sur son blog qui apporte un point de vue décalé et décoiffant sur la question.
L’ensemble des interventions fera probablement l’objet d’une publication ou d’une mise en ligne. Il y aura aussi un compte-rendu dans un BBF.
Mise à jour (16-06-2007): les diaporamas sont en ligne sur le site de cible95
Quelle place pour l’action culturelle en bibliothèque?
- by Xavier Galaup
La place de l’animation en bibliothèque me semble fragilisée par la démultiplication de l’offre culturelle. En effet depuis quelques années, le nombres d’activités culturelles, de festivals, de lieux de spectacles a considérablement augmenté. Ces propositions sont issues à la fois de la sphère privé (librairies, grandes enseignes, magasins de loisirs, …) ou de la sphère publique (théâtres, centres culturels, associations, médiathèques, scènes de musique actuelle, musées, …). Les grandes surfaces culturelles spécialisées ou les magasins qui vendent des produits de loisirs créatifs développent par exemple des programmes parfois important de rencontres d’écrivains, de mini-concerts voire d’ateliers créatifs. De leur côté, les médiathèques se sont emparées depuis quelques années de l’action culturelle pour mettre en oeuvre une proposition variée de rencontres, de lectures, de soirées contes, de concerts, de club de lectures ou d’ateliers d’écriture voire même des festivals comme peuvent l’organiser des collectivités, des associations ou des entreprises privées.
Le citoyen se trouve confronté à une offre sans cesse croissante et dont les différences sont floues. En outre, rien ne prouve pour l’instant que cette offre ait démocratisé l’accès à la culture. Il semble plutôt que ce soit toujours le même type de public qui s’intéresse et fréquente ces actions.
Dès lors, je m’interroge sur quelle place pourra occuper les bibliothèques dans un univers concurrentiel où elles ne peuvent rivaliser ni en terme des contenus ni en terme de publicité à cause des faibles budgets dont elles disposent. Dans un univers dominé par la communication, il est certes important de continuer à proposer de l’événementiel mais comment concilier celui-ci avec notre mission de démocratiser la culture?
L’une des pistes est probablement de considérer l’évènement comme un moment fort et visible d’un ensemble d’actions menées au long court autour d’une multiplicité d’activités (ateliers, formations, conférences…) qui tracent différents sillons auprès de différents publics. Citons le travail dans et hors la bibliothèque avec des intervenants essentiellement locaux ou des invités réguliers à la mise en relation des contenus culturels avec des pratiques culturelles (atelier d’écriture-lecture ; musique-pratique musicale,…). Nous pouvons très bien imaginer un ensemble d’activités autour d’un thème, par exemple l’eau, qui se déclinerait en conférence, ateliers d’écriture et/ou de création musicale, concours de dessins ou de poème, rencontre avec un écrivain, lectures de pièce de théâtre puis rencontre avec des comédiens, appel à proposer des photographies qui seraient intégrées dans une page web du site de la bibliothèque, etc…
L’enjeu est selon moi d’élargir les modalités de l’action culturelle afin de favoriser la participation de tous les publics. Toutes les formes de partenariat pourront être ici utilisées.
Est-ce que vous percevez d’autres pistes?
Dématérialisation des supports et nouveaux usages en bibliothèques
- by Xavier Galaup
Voici le diaporama de mon intervention sur la dématérialisation des supports et nouveaux usages en bibliothèques. Il a été présenté lors d’une journée d’étude des bibliothèques de Seine et Marne sur le thème « les bibliothèques à l’ère du numérique« .
En complément de ce que j’ai dit pour ceux qui étaient présents. Il y a aussi la perspective d’augmenter ses collections via des wiki ( voir le wiki de Brest, encyclopédie participative sur Brest et environs). Pour aller plus loin dans le concept de site / catalogue 2.0 que j’évoque ici, vous pouvez consulter la page de Bibliopedia sur la Bibliothèque 2.0 ainsi que la page sur les Opac 2.0 et autres liens sur les Biblioblogs.
La musique numérique en bibliothèque
- by Xavier Galaup
Même si le cadre juridique de la DADVSI est pour l’instant trop contraignant pour espérer proposer facilement de la musique sous forme numérique, il ne nous dispense pas d’y réfléchir et d’explorer les possibilités dans ce domaine. Je complète ici un courriel diffusé sur discothecaires_fr.
Ce qui semble totalement exclu pour l’instant: proposer soi-même le prêt de fichiers sonores à partir de nos collections.
Louis Burle de la Médiathèque de l’Agglomération Troyenne a fait vain en 2005 le tour des plateformes légales de téléchargement musicales soit il n’a pas obtenu de réponses soit les conditions financières proposées sont inenvisageables pour une médiathèque. Dans l’état actuel, il est peu probable que même un groupement d’achat sous l’égide de CAREL puisse obtenir des tarifs supportables par les collectivités locales. Troyes a donc fait appel à iThèque, une plateforme canadienne qui propose pour l’instant un catalogue limité à des labels indépendant et qui comprend Naxos. Ce qui est déjà un bon début. D’autres grandes bibliothèques comme Montpellier se lance aussi dans l’aventure.
Si nous voudrions le faire nous même, il faudrait démarcher et négocier maisons de disques par maison de disques car le SFPP (Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France) n’a pas de mandat pour établir des contrats concernant le téléchargement.
Ce qui semble envisageable: l’écoute musicale d’une liste de morceaux sur le site internet de la médiathèque, le streaming et le podcating.
Musiques libres et domaine public
Nous avons en premier lieu les musiques libres et tous les artistes qui sont dans le domaine public. Comme l’a souligné Eric Aouanès, le président de l’Association Musique-libre.org qui gère Dogmazic, musiques libres ne signifient pas gratuité mais l’absence d’obligation de passer par la SACEM. Il est nécessaire de contacter les artistes pour leur demande l’autorisation d’un usage en médiathèques publiques (téléchargement ou CD gravé à partir du fichier numérique) et de proposer une rémunération. La difficulté pour les bibliothèques sera de pouvoir effectuer un paiement dans un cadre administratif.
Bibliothécaires musicaux et médiation virtuelle
- by Xavier Galaup
En attendant la restitution de l’étude de la FING sur la musique dans un univers numérique, InternetActu présente au fil des articles quelques unes des pistes tracées. Le troisième article intitulé L’économie MySpace est-elle favorable à la création? synthétise la question vitale pour l’évolution du web: dans un flux d’informations (musicales) comment attirer l’attention? C’est là qu’interviennent notamment des médiateurs.
La place des bibliothécaires (musicaux) se situent probablement ici mais il est temps de commencer à expérimenter comme la BM de Lyon avec Point d’Actu ou comme le blog des collègues de Dole avec Mediamus.
La disparition annoncée des DRM et l’évolution d’une offre légale devraient rendre caduques les législations françaises actuelles (DADVSI). Ce qui pourra faciliter notre rôle de passeur musical à l’aide de fichiers sons.
Et vous, comment envisagez-vous cette médiation?
Quel avenir pour les listes de diffusion?
- by Xavier Galaup
L’essor d’une biblioblogosphère et de réseaux sociaux associés me font m’interroger sur l’avenir des listes de diffusion professionnel.
Au fil de ma veille professionnelle, je constate le peu d’informations diffusés par les listes de diffusion. En effet, comme c’est très souvent les mêmes qui parlent la profondeur de l’information proposée et échangée sur une liste est faible. Pour avoir animer et modérer la liste de discussion discothecaires_fr, j’ai souvent incité les abonnés à participer d’avantage même sous forme de messages brefs. Mes suggestions étaient assez larges, du sommaire d’une revue musicale à la présentation des animations en passant par des comptes-rendus de formation. Si quelques collègues ont joué le jeu, force est de constater qu’il y avait assez peu de participation probablement lié au manque de temps et à une certaine timidité. Pour prendre un autre exemple, biblio-fr me semble davantage un lieu de diffusion d’information avec quelques débats qui s’enflamment à l’occasion. L’entraide via le processus de questions/réponses me paraît être plus ou moins efficace. Discothecaires_fr est plutôt réactif dans ce domaine alors que biblio-fr paraît beaucoup plus atone. J’ai posté dans cette dernière différentes questions qui n’ont pas toujours reçu de réponses et en tout cas très peu d’échos. Il manque la plupart du temps dans l’une comme dans l’autre des synthèses. C’est pourtant le point qui pourrait encore justifié la continuation des listes de diffusion.
En effet, dès que le principe de web 2.0 se sera popularisé en particulier les flux RSS, il sera plus efficace de suivre l’actualité des bibliothèques qui nous intéressent de cette manière. L’information professionnelle sera de plus en plus diffusée ou disponible via des wikis, des blogs ou des sites disposant d’un fil RSS. La structure des blogs s’inscrit d’ailleurs dans la continuité des forums ou des listes de diffusion avec la notion de « post » et où les fils de discussion des listes sont remplacés par les commentaires. Cependant, le système d’archivage des blogs permet une recherche plus efficace que sur les plateformes web des listes de diffusion.
D’ailleurs utiliser un agrégateur pour suivre et gérer ses flux d’information me semble plus pertinent que la messagerie où ils se mélangent avec des échanges professionnels et privés. Il reste un travail important pour familiariser les collègues mal à l’aise avec l’informatique à l’utilisation des ressources technologiques du web 2.0.
En revanche, les listes ont un rôle important en tant que réseau social identitaire qui pourraient être remplacé par des plateformes de réseaux sociaux 2.0 type Myspace ou Ning. A moins que les listes rebondissent à travers d’autres usages, il est probable qu’elles soient amenées à disparaître à moyen terme.
Qu’en pensez-vous?
La veille collaborative en bibliothèque
- by Xavier Galaup
Alors que la biblioblogsphère travaille à un outil de veille collaborative (voir ici et là), je voudrais aborder cette question selon un autre angle à savoir la mise en place d’une veille au sein d’une bibliothèque ou d’un réseau.
Dans le cadre d’un travail de synthèse bibliographique sur la veille réalisé en groupe à l’Enssib avec P-E. Bernard et S. Tournerie, nous proposons une petite définition: « A la différence de la recherche documentaire, action ponctuelle, la veille professionnelle est une activité continue et itérative visant à une surveillance active dans un domaine à l’aide de sources prédéfinies et à destination d’un public circonscrit. »
Dans la majorité des cas, la veille en bibliothèque publique s’appuie sur la presse professionnelle avec par ordre décroissant Livres Hebdo, Biblio-fr, Bibliothèque(s) puis viennent Archimag et le BBF sans oublier l’indispensable presse locale ou nationale. Read this article »
Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux (Lille, 19-20 mars 2007)
- by Xavier Galaup
Voici le diaporama de ma présentation aux rencontres nationales des bibliothécaires musicaux 2007 à Lille. Il s’agissait de proposer une prospective pragmatique sur l’évolution des bibliothèques musicales dans un environnement numérique. Je mets en relation les missions des bibliothèques musicales avec des services musicaux innovants qui existent sur internet. Une réflexion sur l’accueil et les services dans les locaux de la bibliothèque est aussi présentée.
Le débat est ouvert. N’hésitez pas à réagir, à réfuter à compléter!