Category:médiation’
Médiation numérique en bibliothèque: la carte des interprètes de Bretagne
- by Xavier Galaup
Lionel Dujol fut l’un des premiers à mettre en lumière le potentiel de Googlemaps concernant la médiation numérique avec sa cartoguide. Bibliosurf propose dans le même esprit la carte des polars et plus ici. J’avais aussi repérer la carte Sur les pas de Van der Meersch qui prolongeait une exposition physique à la médiathèque de Roubaix. Vous pouvez par ailleurs suivre en anglais le voyage de Marco Polo ici.
Le vent frais de l’innovation vient à nouveau de l’Ouest où la médiathèque de Quimperlé a mis en ligne depuis quelques jours la carte des interprètes de Bretagne:
Afficher Interprètes de Bretagne sur une carte plus grande
Ils ont aussi une page publique Netvibes et une compte sur Facebook.
Les possibilités de l’outil sont nombreuses: de la carte des musiques du monde à celle des compositeurs de musique contemporaine en passant par une version cartographique des démothèques… et bien d’autres choses à imaginer.
Une aide des collègues bretons permettrait de rendre cette carte encore plus riche!
D’autres idées? D’autres exemples?
Les hybrides seront au congrès de l’ABF et annoncent le bibliolab
- by Xavier Galaup
Juste un petit billet pour annoncer que le groupe bibliothèques hybrides de l’ABF sera sur le stand de l’ABF au Congrès annuel qui se tiendra à Paris du 11 au 14 Juin (stand A2).
Au programme : démonstrations, explications et rencontres avec les membres du groupe qui seront sur le stand. Nous nous chargerons également de faire des comptes rendus d’ateliers et de conférences sur le blog du Congrès, notamment par la diffusion des supports des intervenants. Nous alimenterons également un Twitter que vous pouvez suivre ici et retrouver dans la colonne de droite du blog du Congrès.
A l’heure où l’on s’interroge que les outils de partage en information documentation, nous aurons le plaisir de faire des démonstration du futur Bibliolab pour les congressistes qui passeront sur le stand. Pour les autres, le lancement officiel est prévu en Septembre prochain, probablement à l’occasion du Bookcamp. Histoire de vous mettre l’eau à la bouche voici ce dont il s’agit : Read this article »
Téléchargement ou streaming, quelle offre en ligne pour les bibliothèques
- by Xavier Galaup
Face à la réduction annoncée de la production de compacts disques musicaux, les bibliothèques ou médiathèques doivent se préparer à proposer une offre musicale en ligne.
Il est temps de cesser de considérer internet comme une concurrence aux bibliothèques. Beaucoup de collègues étrangers, pas seulement les anglo-saxons, ont investis le web comme l’une des composantes des services aux usagers. Proposer des ressources en ligne fait partie intégrante des missions d’une bibliothèque sinon c’est accepter ici plus qu’ailleurs que seul peut régner une offre commerciale ou le magma, certes riches, d’une offre illégale. Les six hypothèses évoquées ici par Dominique Lahary posent de manière lumineuses les enjeux mais je suis plus optimiste que son billet sur la place des bibliothèques . Les évolutions à venir seront probablement un remixage des scénarios qu’il évoque: orienter les usagers dans l’explosion documentaire du web, participer à la société de la connaissance en créant des articles synthétiques sur des sujets ainsi que proposer des ressources en ligne en les documentant et en leur donnant du sens au-delà du simple signalement. Read this article »
L’usager co-créateur des services en bibliothèques publiques
- by Xavier Galaup
L’enquête nationale du Credoc sur la fréquentation des bibliothèques et diverses enquêtes de terrain (voir références en fin d’article) montrent une évolution des pratiques des usagers, notamment l’accroissement significatif d’un usage sur place qui se passe des ressources documentaires de la bibliothèque. L’émergence d’un Internet plus participatif dit web 2.0 et l’accroissement du niveau d’étude de la population française change aussi les attentes des usagers. En synthétisant et prolongeant mon mémoire d’étude à l’Enssib, j’apporte ma pierre aux réflexions de Bibliobsession, de Bertrand Calenge (notamment ici, ici et ici) et autre Bibliothèque=Public.
1/ L’évolution des publics et de ses pratiques
Les bibliothèques sont confrontées à des évolutions externes qui ne sont pas sans conséquence sur son fonctionnement. Nous pouvons citer l’évolution du temps de travail (réduction ou fragmentation), ou l’élévation du niveau d’étude mais surtout la disparition de la frontière entre les activités professionnelles et la vie privée qui ne correspond plus au modèle de bibliothèque publique français principalement orienté vers les loisirs.
Les médiathèques sont aussi en concurrence frontale avec internet et les loisirs numériques. Grâce au web, le citoyen fait lui-même sa recherche d’information et accède un très large éventail de ressources documentaires sans passer par des institutions. L’enquête Credoc relève d’ailleurs que les personnes interrogées déclarent utiliser en priorité Internet tant pour la recherche d’information que pour l’aide aux devoirs. Internet et les loisirs numériques sont aussi en concurrence quant au temps consacré aux autres loisirs et aux sorties culturelles. Read this article »
Quelle place les bibliothèques peuvent-elles accorder aux contenus créés pas les internautes?
- by Xavier Galaup
L’une des révolutions du web participatif est l’explosion de contenus mis en ligne par les amateurs. L’éventail est très large, du film de famille au carnet de voyage illustré par des dessins en passant par de créations musicales originales ou remixées. Il est tentant pour les bibliothèques de rejeter cette production non validé par un éditeur.
Je pense que cela serait une erreur d’ignorer ces créations dont certaines rivalisent avec des documents édités. Pour la musique, des analystes parlent des pro-ams, des amateurs dont la pratique et la musique sont proches ou équivalentes à celles de musiciens professionnels. Par ailleurs, ce type de production peut représenter un vrai intérêt documentaire comblant parfois un manque dans l’édition. Les bibliothèques pourraient les valoriser en dépit d »une moindre qualité de réalisation par rapport à une édition professionnelle. On peut les rapprocher des fonds locaux de type brochure d’associations locales.
Certains artistes déjà édités et reconnus investissent internet comme espace unique de diffusion d’une partie de leurs oeuvres. Il est à parier que le mouvement risque de s’amplifier dans une optique de contact direct avec leur public et d’avoir un meilleure rémunération qui se passerait d’intermédiaire.
Pour utiliser les contenus créés par les usagers comme ressources documentaires, il conviendrait alors de les intégrer dans les politiques d’acquisition existantes et de les sélectionner aux mêmes titres que les ressources physiques ou que les ressources numériques payantes déjà acquises. La différence avec ces dernières est qu’on maitrise plus le choix de document que dans les bouquets numériques payant même si la disponibilité est moins garantie.
Je crois que les difficultés juridiques sont mineures dans la mesure où l’on retiendrait des oeuvres originales même si elles citent ou contiennent des oeuvres soumises à droits d’auteurs. Il suffit alors de s’acquitter des droits de diffusion via les sociétés d’auteurs. Je n’oublie pas tout ce qui est mis à disposition sous licence libre type creatives commons.
Je propose quelques pistes pour accueillir les ressources numériques créées par les internautes:
- les présenter sur un blog dédié ou comme rubrique du blog de la bibliotheque
- les intégrer dans nos portails comme source qui enrichissent les notices catalographiques
- ou même les cataloguer comme un site internet avec une petite description.
Qu’en pensez-vous? d’autres idées pour les intégrer comme ressource documentaire?
Bibliostream, inscrire les activités de la bibliothèque sur le web
- by Xavier Galaup
Le web participatif ou inscriptible et son cortège d’outils (blog, réseaux sociaux, micro-blogging, photos,…) amène leurs utilisateurs intensifs pas forcément les geeks à refléter de plus en plus en ligne leurs activités quotidiennes, leurs pensées et leurs relations sociales. Certains analystes désignent ce phénomène sous la notion de Lifestream, le flux de sa vie numérique.
L’arrivée de Chermédia, l’agora des bibliothécaires du Cher, signalé par notre cher Bibliobsédé et la multiplication des pages institutionnelles sur Facebook (BnF, BPI, BNUS, E-Music Box de la BM de Limoges…) marquent, il me semble, un tournant pour les bibliothèques françaises qui commencent à affirme de plus en plus leur présence sur le web participatif et social.
Il ne manque plus grand chose pour que naisse le Bibliostream, le flux de la vie des bibliothèques, qui donneraient à voir en ligne différentes activités pas toujours visibles: réunion d’acquisitions, arrivée des nouveautés et leur traitement, faire écouter les disques que les bibliothécaires musicaux indexent, bibliothèques de rue ou hors les murs, accueil de classes ou de groupes, rangement des documents… De la vidéo au simple mini-message en passant par une série de photos ou une interview, les formes ne manquent pas pour rendre plus vivant et attractif nos sites internet mais aussi changer l’image de nos structures et de notre métier.
Qu’en pensez-vous? Des remarques? Des exemples?
Concours de vidéos: exemple d’un partenariat original
- by Xavier Galaup
Dans le cadre d’un partenariat avec L’Atelier du Rhin, centre dramatique régional d’Alsace, nous organisons un concours de vidéos sur Dailymotion.
L’Atelier du Rhin diffuse en janvier une pièce de Cyrano de Bergerac (pas la pièce d’E. Rostand sur Cyrano). Nous proposons aux internautes d’enregistrer leur version de la tirade des nez de la pièce d’E. Rostand. Voici le texte de présentation qui est mis en ligne sur nos sites respectifs:
« Soyez amical, gracieux, truculent,… et dramatique comme Cyrano de Bergerac ! Enregistrez votre version vidéo de la célèbre tirade des nez et gagnez des abonnements à l’Atelier du Rhin de Colmar, des places de théâtre et des livres!
Réalisez, avec l’appareil numérique de votre choix (téléphone mobile, caméra numérique,…), une vidéo de « La tirade des nez » de la pièce Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, Acte 1 scène 4, tirade de Cyrano commençant par « Ah ! non ! c’est un peu court jeune homme ! / On pouvait dire… Oh ! Dieu… bien des choses en somme » jusqu’à « je me les sers moi-même, avec assez de verve, / mais je ne permets pas qu’un autre me les serve. ».
Durée maximum de la vidéo 5 minutes. La totalité du texte doit être dite pendant la vidéo.
Les vidéos réalisées à plusieurs sont admises mais chaque concurrent peut envoyer au maximum 1 vidéo.
Déposez ensuite la vidéo sur Dailymotion aux formats Divx, xvid, mov, MPEG1 (se créer un compte Dailymotion) et signalez-là grâce au tag ConcoursNezManuMD68. Toutes les techniques d’enregistrement, de montage et de création sont admises.
Il est ouvert à toute personne résidant dans le Haut-Rhin ayant atteint l’âge de 16 ans.
Date limite des envois le 5 décembre à 0h00. »
L’information sera aussi diffusée par courrier papier ou électronique aux compagnies de théâtre, aux troupes amateurs de la région, aux collèges et aux lycées et affichée dans les bibliothèques du département. L’Atelier du Rhin et La Médiathèque Départementale ont respectivement créé des comptes sur Dailymotion (Atelier du Rhin et Médiathèque68 ) afin de suivre et de mettre en valeur ces vidéos.
Il s’agit pour nos deux structures d’une première expérience d’animation et de concours en ligne. On ne s’attend pas à la ruée vers l’or. Notre initiative est d’ailleurs plus modeste que le Concours vidéos Paris Remix organisé par l’INA.
En préparant ce concours, j’ai découvert que beaucoup de grandes institutions comme la MoMA, le théâtre national de Londres, la Cité des sciences, la ville de Paris voire des chaines de télévision comme la BBC ou Direct8 avec des comptes sur Youtube ou Dailymotion. Il y a même la BU de l’Universite de Floride ainsi que la bibliothèque de Fontaine en France qui a mis en ligne des vidéos de poèmes lus par des enfants lors d’un club jeune. Ces vidéos sont ensuite intégrées à leur blog
Avez-vous repéré d’autres initiatives de ce genre? Des idées? Des réactions?
Numériser et mettre à disposition en ligne les collections musicales des bibliothèques
- by Xavier Galaup
Ne pouvant être présent aux rencontres nationales 2008 des bibliothécaires musicaux à Toulouse, je fais une ou deux contributions complémentaires aux réflexions déjà copieuses du programme.
Cela fait quelques temps que j’ai découvert un logiciel libre, Ampache, qui permet de déposer sa collection de fichiers musicaux sur un serveur web afin de pouvoir l’écouter de n’importe où dès que l’on a un accès web. Dans le cadre de la législation actuelle, ce logiciel est réservé à un usage privatif via un accès sécurisé. Mais il me semble tout à fait adapté à la mise en place d’une numérisation collaborative et la mise à disposition en ligne des collections de disques.
J’imagine le processus en 2 phases. La première phase consisterait à numériser de manière collaborative, c’est à dire en se partageant les fonds à numériser (pochette comprise), soit via une déclaration (je numérise tout Johnny Halliday ou tout Occora Radio France), soit via une répartition plus formelle à définir lors d’une réunion de concertation. A cette étape, on peut numériser à l’aide d’un format assurant, en l’état actuel de nos connaissances la pérennité du fichier.
La seconde phase consisterait à mettre en ligne sur un serveur partagé ces collections sous un format MP3 ou MP4 (compression à définir) et sans DRM. Ce qui permettrait d’avoir une banque sonore conséquente afin d’alimenter le streaming et les offres de téléchargement à construire. L’idéal serait que ces ressources partagées soient ensuite disponible sous forme de webservices à intégrer dans nos catalogues ou nos portails documentaires. Sur cette partie, il y aurait du développement à faire sur Ampache mais cela serait peut-être un moyen de ne plus dépendre d’autres webservices (suivez mon regard c’est américain et cela commence par A…)
Je ne méconnais pas les problèmes de droit qui restent à régler soit grâce à un lobbying visant à faire évoluer la loi vers un compromis entre une juste rémunération des auteurs et le budget des collectivités soit via une jurisprudence sur des bibliothèques où élus et bibliothécaires ont mis en place des services numériques musicaux malgré les risques juridiques.
L’inventivité et le foisonnement d’initiative dans le monde du logiciel libre ou du web 2.0 montre une fois de plus que ce n’est plus un problème d’outils mais de volonté de notre part à faire évoluer les mises en valeur de nos collections. Il y a aussi un peu une question de moyen mais le partage du coût de l’hébergement, du développement et de la maintenance d’une telle plate-formes rendra le coût très vite abordable pour chaque structure.
Qu’en pensez-vous?
Portail des bibliothèques du Haut-Rhin
- by Xavier Galaup
J’ai le plaisir de vous présenter Calice68 (Catalogue en LIgne CEntralisé des médiathèques du Haut-Rhin), le portail des bibliothèques du Haut-Rhin. Celui-ci est le fruit d’une collaboration fructueuse entre les bibliothèques pionnières, la Direction des Systèmes d’information du Conseil Général, le prestataire AFI (Agence Française Informatique) et la Médiathèque Départementale du Haut-Rhin.
Basé sur Moccam, Calice68 vous permet d’accéder simultanément aux catalogues des différentes bibliothèques du département. Il comporte pour l’instant 17 bibliothèques ou médiathèques de communes de Biesheim, Cernay, Fessenheim, Guebwiller, Kaysersberg, Kembs, Mulhouse, Ottmarsheim, Pfastatt, Roderen, Rouffach, Saint-Louis, Sainte-Croix-Aux-Mines, Sausheim, Soultz et Thann (comme pour la météo marine, je vous offre en même temps un petit moment de poésie pour le non-germanophone
)Avant la couverture totale du département en 2009, 26 autres bibliothèques viendront nous rejoindre d’ici la fin de l’année.
Read this article »
Renforcer la coopération entre bibliothèques
- by Xavier Galaup
Le contexte actuel de détérritorialisation des bibliothèques et la nécessité de développer des services impliquent à mon avis l’instauration d’une coopération renforcée entre bibliothèques tant au niveau local (communauté de communes, département, région) et national. Il serait temps d’arrêter de mettre en place chacun dans son coin ses services. On peut envisager des expérimentations ponctuelles qui une fois concluante feraient l’objet d’une mutualisation plus large.
Cette indispensable coopération concernerait à la fois les activités liées aux services « physiques » et virtuels. Voici quelques pistes non-exhaustives:
- politique d’acquisition sur un territoire (et de conservation)
- circulation des documents pour permettre le prêt et le retour n’importe où. Il existe déjà des initiatives dans des communautés d’agglomération ou des départements mais il serait heureux que cela soit plus systématique.
- coups de coeur ou bibliographies critiques, soit sous forme d’édition de fascicules, soit sous forme de sites internet coopératifs autour de Zazieweb par exemple. Une grande surface spécialisée et des librairies sortent régulièrement des bibliographies. Les bibliothécaires qui sont aussi lecteurs, auditeurs ou spectateurs et plus nombreux n’arrivent pas à coopérer à ce niveau. Quel dommage!
- coopération autour des ressources numériques à renforcer autour des associations de coopération pour négocier les droits.
- plate-forme de questions/réponses du type Biblioses@me ou Guichet du savoir. J’entends ici où là des collègues qui réfléchissent à créer ce genre de service de leur coté… Serait-on atteint du syndrome du catalogage où chacun fait ses notices dans son établissement? Deux services du même type, c’est déjà beaucoup.
- Numérisation des documents. Est-ce qu’on va numériser tous les mêmes documents?
- Conservation partagée, au-delà des périodiques et du dépôt légal, quid de la musique enregistrée (vinyl, CD et DVD) et de l’image animée?
- d’autres idées?
Quelqu’un suggérait que l’un des obstacles à une meilleure coopération entre bibliothèques serait l’empilement des compétences entre collectivités. Chacun souhaite assumer totalement la lecture publique avec en plus une compétition entre élus voir entre professionnels.
Aujourd’hui (comme avant certainement) la difficulté à coopérer tient plus aux blocages entre personnes (élus ou bibliothécaires) qu’aux difficultés technologiques et juridiques.
En lien avec le groupe de travail Bibliothèques Hybrides mis en place par l’ABF qui portera entre autres ma proposition de Bibliolab, je forme le voeu que l’esprit de coopération souffle davantage en France. Il est, me semble-t-il, un des éléments clés de notre pérennité dans les bouleversements en cours.
