Category:Bibliothèque’
Revoir le fonctionnement du prêt en bibliothèque publique
- by Xavier Galaup
En préparant une intervention sur l’évolution des bibliothèques face au numérique, je lisais une excellente enquête faite à Genève sur les non-usagers, les interrogeant sur l’image qu’ils se font de nos établissements, des bibliothécaires, sur l’accueil, sur les obstacles à la fréquentation et leurs attentes.
Cette enquête n’apporte rien absolument révolutionnaire mais elle confirme une nouvelle fois les freins que constituent les contraintes liées aux horaires d’ouverture et aux conditions de prêt.
Si des expériences sont tentés pour favoriser les prêts comme le Pass’partout à Haguenau (prêt de 4 semaines sans limitation de documents sauf 1 partition maximum), le schéma d’un quota par type de support (comptabilité parfois complexe et pas toujours justifié: pourquoi limiter le nombre de cd alors que les bacs débordent?) et pour une durée de 3 à 4 semaines reste majoritairement appliqué. Et si les usagers sont en retard et ont oublié de faire prolonger leurs prêts, les amandes sont parfois salées quand il s’agit d’une famille…
Rapprochons maintenant ce carcan de la disponibilité permanente des ressources web et de son offre supposée infinie auquel vient s’ajouter le développement de service de prêt numérique, est-ce qu’il n’est pas temps de revoir complètement notre conception du prêt?
Je pense pour ma part qu’il devient indispensable de penser autrement ce service notamment pour le fluidifier davantage. Quelques suggestions en vrac:
- généraliser les boites de retour
- repenser les durées de prêt par rapport à son contexte. Les rythmes et la manière de vie des français ont changé, les durées et conditions de prêt en bibliothèque très peu. Il serait bien sûr utile de revoir en même temps nos jours et heures d’ouverture. C’est un autre débat.
- supprimer le nombre limite de livres empruntables et dès que la collection le permet pour les autres supports. Nous le pratiquons le prêt illimité tout support dans les bibliobus du Haut-Rhin et la très grande majorité des gens s’autolimitent en fonction de ce qu’ils savent pouvoir lire d’un passage à l’autre.
- faciliter le prolongement du prêt par tous les moyens de communication (site web, téléphone mail,…) et accepter plusieurs prolongations avec comme contre-partie de demander le retour de l’un ou l’autre document s’il fait à un moment donné l’objet d’une réservation.
- envoyer les documents au domicile par la poste
D’autres idées pour éviter que le prêt devienne une pratique ringarde?
Je sais que l’une des grandes angoisses du bibliothécaire est d’avoir des rayonnages vides… Il me semble quand même que l’objectif est d’abord de faire circuler les documents.
L’un des autres point mis en exergue par l’enquête genevoise, c’est la mauvaise image des bibliothèques auprès des ces non-usagers. J’y reviendrais.
Bibliolab: un espace d’expérimentation pour bibliothécaire et bibliothèque
- by Xavier Galaup
L’arrivée de Libélabo (partie audio vidéo foutraque et expérimentale de Libération.fr) et les formations ou les présentations sur le thème du web 2.0 m’amènent à faire cette proposition un peu utopiste: créer un Bibliolab, un espace d’expérimentation pour les bibliothèques ou les bibliothécaires.
Le Bibliolab contiendrait par défaut les éléments suivant:
- une plate-forme pour tenir son blog (type WordPress Mu)
- un agrégateur de flux (basé sur POSH bien sûr)
- une ferme à wiki (pas d’idée précise sur des logiciels libres permettant d’installer sur son serveur une ferme à wiki… suggestion bienvenue… B&C?)
- un espace personnel pour installer et tester tout type de logiciel libre, notamment des SIGB libre, pour stocker les images ou les podcasts liés à un blog ou à un wiki
- un forum pour s’entraider et échanger
- … autres idées à suggérer?
Plutôt que d’avoir à se reporter sur des plates-formes existantes, dont certaines se financent via la publicité, cela permettrait d’avoir un espace bien identifié par les bibliothécaires qui souhaiteraient tester et/ou utiliser ses outils avant de les mettre en oeuvre.
Je laisse le soin aux spécialistes de déterminer les besoins techniques (probablement un serveur dédié…). Il reste à trouver comment l’héberger: un serveur réformé par une bibliothèque? un hébergeur public (Enssib? SUDOC? Service Informatique d’une BU ou d’une bibliothèque publique?) un hébergeur privé (qui finance la prestation? Associations professionnelles? un mécène?) Il faut aussi trouver une poignée de bibliothécaires fous, prêt à aider les collègues, pour se lancer dans l’aventure.
Qu’en pensez-vous? Prêt à donner un coup de main? Prêt à mettre à disposition un serveur?
Qu’est-ce que les bibliothèques peuvent apporter au web (2.0)?
- by Xavier Galaup
A la demande de l’Enssib, j’ai présenté à la promotion J-P. Vernant un diaporama sur le web 2.0 et les bibliothèques:
Souhaitant renouveler ma présentation sur cette problématique et suite à la réflexion d’une collègue lors d’une formation en interne (« Il va falloir mettre de l’ordre dans tout cela »), je me suis dis qu’il fallait peut-être inverser la question et se demander: qu’est-ce que les bibliothèques peuvent apporter au web 2.0?
Voici les pistes que j’avais en réserve sur mon diaporama:
- Des données bibliographiques libres et ouvertes à la réutilisation à condition que nos logiciels de bibliothèques changent radicalement d’approche (en permettant notamment les liens permanents avec des notices)
- Etre un label de confiance: sélectionner et valider des sources, des informations ou des documents.
- Créer des informations validées et mises à jour sur des blogs ou participer à des wikis.
- Faire du lien social autour des pratiques culturelles virtuelles
- Etre un lieu de mémoire intermédiaire en préservant pour un temps des informations ou des documents engloutis par le flux du web.
- Proposer des formations et tutoriels pour utiliser les outils du web, faire une recherche d’information, vérifier une information, apprendre une langue via internet,…
- Enrichir l’information existante en commentant des blogs ou complétant des wikis
- …et participer à la création d’une information validée: écrire/compléter des articles dans Wikipedia et participer à des services de Questions/Réponses en dehors de ceux créés par nous.
La question reste ouverte à vos contradictions et vos compléments.
La bibliothèque des livres vivants arrive en France
- by Xavier Galaup
Après le Danemark, le Conseil Général de Meurthe et Moselle propose d’emprunter des êtres humains pour 20 à 30 minutes. L’objectif de la bibliothèque des livres vivants est de lutter contre les préjugés que nous pouvons tous avoir contre des nationalités, des préférences sexuelles ou des modes de vie. Le catalogue (sic) de cette bibliothèque comprend une handicapée, un bénéficiaire du RMI, un jeune de quartier, une femme maghrebine, un SDF, un homosexuel, une lesbienne et un tsigane. Le Français moyen ou la ménagère de moins de 50 ans sont-ils en commande? En effet, le jeune de quartier a peut-être lui aussi des idées reçues de ce qu’est un français…
Je trouve malgré tout l’initiative intéressante même si le fait que la bibliothèque soit localisée dans un forum FNAC me gêne un peu. Dans une sociéte où le brassage existe de moins en moins et où la méfiance s’est installée vis à vis de ce qui est différent, c’est une action visible d’une collectivité soutenant la diversité et incitant à la curiosité envers autrui. Cela a certes un parfum de télé-réalité mais dans ce domaine toutes les stratégies sont bonnes à prendre. Est-ce une préfiguration de ce qu’Olivier Ertzcheid appelle the Next Big Thing: cataloguer l’individu.
Lecteurs ou bibliothécaires nancéiens, faites-nous part de vos impressions.
Que pensez-vous de cette action?
Merci au camarade de promotion Christophe Robert pour l’information
Quel avenir pour le patrimoine musical en bibliothèque?
- by Xavier Galaup
Pour ne pas que cette question cruciale du patrimoine musical à l’heure de la numérisation reste dans les limbes du commentaire d’un précédent billet, je reprends ci-dessous pour le prolonger le texte de Gilles Pierret (mise en gras par mes soins):
« Je voudrais juste ici répondre sur un point qui a été abordé dans une des réponses ci-dessus, à savoir la question de la numérisation et de la valorisation des fonds de vinyles encore en possesion des bibliothèques.
A mon avis, la numérisation apparaît comme une chance à saisir pour enfin prendre conscience de l’importance de ce patrimoine largement délaissé jusqu’ici, sauf par quelques très rares institutions. Il me paraît évident que la valorisation de ces documents, souvent devenus introuvables, prend un relief tout particulier à l’heure de la disparition programmée des supports et de la “virtualisation” de la musique. Mais la mise en oeuvre de ces principes est beaucoup plus difficile qu’on ne le pense. cela suppose:
1.de s’atteler à la réalisation d’un inventaire des fonds existants -tâche particulièrement difficile dans la mesure où il s’agit d’un terrain vierge entièrement à défricher, -la notion même de conservation des documents sonores n’étant pas une donnée vraiment intégrée chez les professionnels;
2. de mettre en place un plan -régional pour commencer- de lieux de conservation partagée, pilotée par une bibliothèque volontaire officiellement missionnée pour le faire et disposant d’un minimum de moyens (sur le modèle de ce qui se fait, par exemple pour la littérature jeunesse en Idf sous la houlette de houlette de l’Heure joyeuse et de la JPL).
3.de créer des bases régionales consultables en ligne,répertoriant les fonds et documents numérisés, ce qui implique une réflexion sur les objectifs poursuivis(quels documents numériser, pour quels usages ?)et la définition de principes communs, bibliothéconomiques (quelles métadonnées associées) et techniques (quel niveau de qualité, quels formats de lecture ?).
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Les bibliothèques face à l’évolution d’internet et des ressources en ligne
- by Xavier Galaup
Voici le diaporama de ma présentation faite à l’occasion des jeudi du livre de Médiat Rhône-Alpes le 27 septembre 2007.
Il s’agissait des pistes de réflexions pour imaginer la place des bibliothèques face à l’évolution d’internet et des ressources en ligne: fin de la prépondérance des collections face aux flux d’informations et de publications, les bibliothécaires devront s’affranchir du traitement des collections pour s’occuper davantage des usagers, essor de la médiation physique ou virtuelle car l’abonnement à des ressources en ligne ne suffit pas, offrir du téléchargement ne sera qu’un service supplémentaire (cf. Bibliobsession),…
Cet exposé synthétise différentes présentations.
(Mise à jour: le lecteur embarqué de Slideo fait des siennes, cliquez ici pour bien voir le diaporama)(Mise à jour du 4/10/07: Slideshare digère mal les gros diaporamas donc je l’inclue en deux parties ci-dessous. Vous pouvez aussi les télécharger sur Slideshare. Je supprime la version de Slideo que vous pouvez toujours visionner ici)
N’hésitez pas à commenter ou réagir.
PS: Pour ceux qui ont assisté à la présentation la version sur slideshare est inutilisable malgré plusieurs téléchargements… C’est pourquoi j’utilise Slideo.
Culture et personnes agées
- by Xavier Galaup
Je réponds un peu tardivement à l’appel de Bibliobsession sur les initiatives dont nous sommes fiers.
Le Conseil Général du Haut-Rhin a inscrit en 2003 dans son dernier plan de Lecture Publique la volonté de mener des actions en direction des publics empêchés: petite enfance, PMI, prisons, hôpitaux et personnes âgées. Le nouveau président du Conseil Général élu en 2004 a modifié l’organigramme en réunissant avec une volonté de transversalité sous une même grande direction générale les services sociaux et culturelles. Le CG devait aussi préparer et voter un nouveau schéma gérontologique. Ce dernier est un outil d’évaluation et de programmation concernant les personnes âgées, il permet d’établir un diagnostic des besoins et d’organiser les réponses au sein d’un département; c’est aussi un outil de prospective afin d’anticiper les évolutions et les réponses les plus adaptées.
L’ensemble des éléments du contexte que je viens de décrire a permis à la Médiathèque Départementale d’animer un groupe de travail « Culture et personnes âgées » dont la mission était d’établir un bilan des actions existantes, de recueillir les besoins et demandes des acteurs de terrain afin de faire des préconisations pour le schéma gérontologique du Haut-Rhin. Ce groupe rassemblait volontairement le plus d’acteurs différents: des aides à domicile, des infirmières, des médecins, des assistantes sociales, des animateurs et des directeurs de maison de retraite, les associations d’aide à domicile, les club du troisième âges et des bibliothécaires. L’ensemble des préconisations ont ensuite été soumises à l’assemblée des élus.
Voici l’ensemble des préconisations par ordre de priorité:
1/ Fédération des acteurs sanitaires, sociaux et culturelles
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Les missions d’une bibliothèque en quelques mots
- by Xavier Galaup
Je prépare les textes pour une plaquette destinée à expliquer les bibliothèques (missions, contenus, normes, étapes du projet, subventions,…) aux élus des communes de notre département. J’ai bien sûr trouver les grands principes de l’Unesco, de l’IFLA et autre Charte des bibliothèques du défûnt CSB (Conseil Supérieur des Bibliothèques) mais rien de synthétique et satisfaisant à mon goût sauf… sur le site de la BM de Grenoble.
Je m’en suis inspiré pour proposer en quelques mots les missions d’une bibliothèque:
- Constituer et mettre à disposition de tous les publics des collections de différents types de documents à des fins d’information, d’éducation, de culture et de loisir
- Offrir un accès à l’information sous toutes ses formes et favoriser son appropriation
- Etre un espace public de rencontre, de confrontation d’idées et de débat citoyen entre les générations et les communautés
- Participer à la formation initiale et continue à tous les âges.
- Contribuer à la promotion et à la diffusion de la création culturelle locale et nationale
J’attends vos avis (contenu, ordre,…) en sachant qu’il s’agit d’une plaquette de communication synthétique et adressée à des non-bibliothécaires.
Quelle place pour la musique en bibliothèque?
- by Xavier Galaup
Je reprends ici un courriel diffusé sur discothecaires_fr à propos de la lancinante question que se pose en ce moment les bibliothécaires musicaux.
Etre de simple pourvoyeur d’une offre de documents est une impasse.Cela revient à se positionner dans un univers de consommation sur lequel, T. Saglio, a raison de dire que nous ne ferons jamais le poids. En outre la démocratisation basée sur l’offre est aussi insuffisante car l’appétence à la culture se développe du fait de contacts répétés et à des pratiques culturelles régulières.
C’est pourquoi je défends depuis quelques temps l’idée que les bibliothèques y compris musicales doivent développer ou renforcer les activités de pratiques culturelles autour des collections (matérielles ou virtuelles). J’en parlais dans mon diaporama présenté lors des rencontres nationales 2007 et c’est l’un des points de vue que je développe dans mon mémoire d’étude du diplôme de conservateur.
Pour les bibliothèques musicales, il s’agirait d’accompagner les pratiques musicales et la culture musicale autour des contenus:
- Les animations bien sûr sans chercher à faire des inscrits et des prêts.
- la formation. Il me semble que c’est une grossière erreur que de négliger cela en France. Selon le contexte, des actions de formation musicale, seul ou en partenariat avec les écoles de musique. Liste non-exhaustive: découverte de la musique, solfège, apprentissage et pratiques d’instruments,…