Category:Bibliothèque’

L’usager co-créateur des services en bibliothèques publiques

 - by Xavier Galaup

L’enquête nationale du Credoc sur la fréquentation des bibliothèques et diverses enquêtes de terrain (voir références en fin d’article) montrent une évolution des pratiques des usagers, notamment l’accroissement significatif d’un usage sur place qui se passe des ressources documentaires de la bibliothèque. L’émergence d’un Internet plus participatif dit web 2.0 et l’accroissement du niveau d’étude de la population française change aussi les attentes des usagers. En synthétisant et prolongeant mon mémoire d’étude à l’Enssib, j’apporte ma pierre aux réflexions de Bibliobsession, de Bertrand Calenge (notamment ici, ici et ici) et autre Bibliothèque=Public.

1/ L’évolution des publics et de ses pratiques

Les bibliothèques sont confrontées à des évolutions externes qui ne sont pas sans conséquence sur son fonctionnement. Nous pouvons citer l’évolution du temps de travail (réduction ou fragmentation), ou l’élévation du niveau d’étude mais surtout la disparition de la frontière entre les activités professionnelles et la vie privée qui ne correspond plus au modèle de bibliothèque publique français principalement orienté vers les loisirs.

Les médiathèques sont aussi en concurrence frontale avec internet et les loisirs numériques. Grâce au web, le citoyen fait lui-même sa recherche d’information et accède un très large éventail de ressources documentaires sans passer par des institutions. L’enquête Credoc relève d’ailleurs que les personnes interrogées déclarent utiliser en priorité Internet tant pour la recherche d’information que pour l’aide aux devoirs. Internet et les loisirs numériques sont aussi en concurrence quant au temps consacré aux autres loisirs et aux sorties culturelles. Read this article »

Electre.com gratuit mais financé par la publicité

 - by Xavier Galaup

Electre prépare pour les semaines qui viennent une nouvelle offre pour les bibliothèques: les notices seront gratuites en échange de publicités qui seront insérées à l’intérieur. Ce qui veut dire que vous devrez accepter d’afficher des liens voir des textes commerciaux dans vos OPAC ou dans vos portails internet. Electre assure qu’il n’y aura que des publicités concernant le domaine culturel. Les offres payantes continueront d’exister pour ceux qui ne voudront pas de publicité et seront enrichis de nombreuses manières afin de satisfaire à des besoins d’OPAC 2.0.

Electre tente ainsi de conforter sa place de leader face aux offre de ses concurrents. Comment pensez-vous qu’Amazon, Zébris et Moccam en ligne vont réagir?

<Mise à jour du 2 avril> Ce billet est un authentique poisson d’avril.

Quelle place les bibliothèques peuvent-elles accorder aux contenus créés pas les internautes?

 - by Xavier Galaup

ugcL’une des révolutions du web participatif est l’explosion de contenus mis en ligne par les amateurs. L’éventail est très large, du film de famille au carnet de voyage illustré par des dessins en passant par de créations musicales originales ou remixées. Il est tentant pour les bibliothèques de rejeter cette production non validé par un éditeur.

Je pense que cela serait une erreur d’ignorer ces créations dont certaines rivalisent avec des documents édités. Pour la musique, des analystes parlent des pro-ams, des amateurs dont la pratique et la musique sont proches ou équivalentes à celles de musiciens professionnels. Par ailleurs, ce type de production peut représenter un vrai intérêt documentaire comblant parfois un manque dans l’édition. Les bibliothèques pourraient les valoriser en dépit d »une moindre qualité de réalisation par rapport à une édition professionnelle. On peut les rapprocher des fonds locaux de type brochure d’associations locales.

Certains artistes déjà édités et reconnus investissent internet comme espace unique de diffusion d’une partie de leurs oeuvres. Il est à parier que le mouvement risque de s’amplifier dans une optique de contact direct avec leur public et d’avoir un meilleure rémunération qui se passerait d’intermédiaire.

Pour utiliser les contenus créés par les usagers comme ressources documentaires, il conviendrait alors de les intégrer dans les politiques d’acquisition existantes et de les sélectionner aux mêmes titres que les ressources physiques ou que les ressources numériques payantes déjà acquises. La différence avec ces dernières est qu’on maitrise plus le choix de document que dans les bouquets numériques payant même si la disponibilité est moins garantie.

Je crois que les difficultés juridiques sont mineures dans la mesure où l’on retiendrait des oeuvres originales même si elles citent ou contiennent des oeuvres soumises à droits d’auteurs. Il suffit alors de s’acquitter des droits de diffusion via les sociétés d’auteurs. Je n’oublie pas tout ce qui est mis à disposition sous licence libre type creatives commons.

Je propose quelques pistes pour accueillir les ressources numériques créées par les internautes:

  • les présenter sur un blog dédié ou comme rubrique du blog de la bibliotheque
  • les intégrer dans nos portails comme source qui enrichissent les notices catalographiques
  • ou même les cataloguer comme un site internet avec une petite description.

Qu’en pensez-vous? d’autres idées pour les intégrer comme ressource documentaire?

Bibliostream, inscrire les activités de la bibliothèque sur le web

 - by Xavier Galaup

Le web participatif ou inscriptible et son cortège d’outils (blog, réseaux sociaux, micro-blogging, photos,…) amène leurs utilisateurs intensifs pas forcément les geeks à refléter de plus en plus en ligne leurs activités quotidiennes, leurs pensées et leurs relations sociales. Certains analystes désignent ce phénomène sous la notion de Lifestream, le flux de sa vie numérique.

L’arrivée de Chermédia, l’agora des bibliothécaires du Cher, signalé par notre cher Bibliobsédé et la multiplication des pages institutionnelles sur Facebook (BnF, BPI, BNUS, E-Music Box de la BM de Limoges…) marquent, il me semble, un tournant pour les bibliothèques françaises qui commencent à affirme de plus en plus leur présence sur le web participatif et social.

Il ne manque plus grand chose pour que naisse le Bibliostream, le flux de la vie des bibliothèques, qui donneraient à voir en ligne différentes activités pas toujours visibles: réunion d’acquisitions, arrivée des nouveautés et leur traitement, faire écouter les disques que les bibliothécaires musicaux indexent, bibliothèques de rue ou hors les murs, accueil de classes ou de groupes, rangement des documents… De la vidéo au simple mini-message en passant par une série de photos ou une interview, les formes ne manquent pas pour rendre plus vivant et attractif nos sites internet mais aussi changer l’image de nos structures et de notre métier.

Qu’en pensez-vous? Des remarques? Des exemples?

Premières impressions des bibliothèques finlandaises

 - by Xavier Galaup

Grâce au Ministère de la culture finlandais et à la BPI, nous avons été quelques bibliothécaires français à découvrir les bibliothèques de ce pays. Avant quelques billets plus détaillés, je vous livre des impressions générales:

  • l’expression de Maija Berndtson la bibliothèque comme « living room », lieu de vie pour la cité, n’est pas galvaudé. D’importants moyens sont mis dans les bâtiments et surtout dans l’aménagement intérieur: des petits salons un peu partout dans les espaces pour lire, discuter, jouer ou se reposer.

La décoration est soignée avec un effort pour donner une ambiance différente selon les espaces, notamment pour les sections jeunesses comme à Turku et Hämeenlinna

  • Comme l’a déjà dévoilé Bibliobsession: inscription gratuite dans toute les bibliothèque à cause de leur législation sur les bibliothèques qui existe depuis 1928 et dont la dernière actualisation date de 1998. Cette législation impose la création de bibliothèque dans toutes les communes avec une aide de l’état pouvant aller jusqu’à 42%… Pour les amateurs de chiffres: 400 municipalités ayant 1 bibliothèque soit 895 bibliothèques publiques et 166 bibliobus. Toutes les bibliothèques font partie d’un réseau local.
  • Dans les grandes ou moyennes bibliothèques que nous avons visités il y a systématiquement des salles collectives non pour un travail de groupe mais pour des formations ou un usage par des associations. Il y avait aussi des salles de travail en groupe.

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Concours de vidéos: exemple d’un partenariat original

 - by Xavier Galaup

Dans le cadre d’un partenariat avec L’Atelier du Rhin, centre dramatique régional d’Alsace, nous organisons un concours de vidéos sur Dailymotion.

L’Atelier du Rhin diffuse en janvier une pièce de Cyrano de Bergerac (pas la pièce d’E. Rostand sur Cyrano). Nous proposons aux internautes d’enregistrer leur version de la tirade des nez de la pièce d’E. Rostand. Voici le texte de présentation qui est mis en ligne sur nos sites respectifs:

« Soyez amical, gracieux, truculent,… et dramatique comme Cyrano de Bergerac ! Enregistrez votre version vidéo de la célèbre tirade des nez et gagnez des abonnements à l’Atelier du Rhin de Colmar, des places de théâtre et des livres!

Réalisez, avec l’appareil numérique de votre choix (téléphone mobile, caméra numérique,…), une vidéo de « La tirade des nez » de la pièce Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, Acte 1 scène 4, tirade de Cyrano commençant par « Ah ! non ! c’est un peu court jeune homme ! / On pouvait dire… Oh ! Dieu… bien des choses en somme » jusqu’à « je me les sers moi-même, avec assez de verve, / mais je ne permets pas qu’un autre me les serve. ».

Durée maximum de la vidéo 5 minutes. La totalité du texte doit être dite pendant la vidéo.

Les vidéos réalisées à plusieurs sont admises mais chaque concurrent peut envoyer au maximum 1 vidéo.

Déposez ensuite la vidéo sur Dailymotion aux formats Divx, xvid, mov, MPEG1 (se créer un compte Dailymotion) et signalez-là grâce au tag ConcoursNezManuMD68. Toutes les techniques d’enregistrement, de montage et de création sont admises.

Il est ouvert à toute personne résidant dans le Haut-Rhin ayant atteint l’âge de 16 ans.

Date limite des envois le 5 décembre à 0h00. »

L’information sera aussi diffusée par courrier papier ou électronique aux compagnies de théâtre, aux troupes amateurs de la région, aux collèges et aux lycées et affichée dans les bibliothèques du département. L’Atelier du Rhin et La Médiathèque Départementale ont respectivement créé des comptes sur Dailymotion (Atelier du Rhin et Médiathèque68 ) afin de suivre et de mettre en valeur ces vidéos.

Il s’agit pour nos deux structures d’une première expérience d’animation et de concours en ligne. On ne s’attend pas à la ruée vers l’or. Notre initiative est d’ailleurs plus modeste que le Concours vidéos Paris Remix organisé par l’INA.

En préparant ce concours, j’ai découvert que beaucoup de grandes institutions comme la MoMA, le théâtre national de Londres, la Cité des sciences, la ville de Paris voire des chaines de télévision comme la BBC ou Direct8 avec des comptes sur Youtube ou Dailymotion. Il y a même la BU de l’Universite de Floride ainsi que la bibliothèque de Fontaine en France qui a mis en ligne des vidéos de poèmes lus par des enfants lors d’un club jeune. Ces vidéos sont ensuite intégrées à leur blog

Avez-vous repéré d’autres initiatives de ce genre? Des idées? Des réactions?

Y aura-t-il du foot en bibliothèques?

 - by Xavier Galaup

Alors que les multiplexes de cinéma s’engagent sur une diversification de leurs offres avec des retransmissions d’Opéra ou dans quelques jours de matchs de l’Euro 2008, exemple ici, pourquoi les bibliothèques ne participeraient pas à cet évènement?

Quand on pense que les sports sont une pratique sociale très développé, que les documentaires dans ce domaine sont très prisés (est-ce encore vrai?), que L’Equipe est le journal le plus lu en France, participer à un évènement sportif de grande ampleur serait un excellent moyen pour les bibliothèques pour faire évoluer leur image!

Il est probablement trop tard pour négocier la retransmission de match dans nos locaux ou dans nos salles d’animation (pas d’excuse pour ceux qui n’ont pas de grand écran, cela doit pouvoir se louer…) Les tarifs sont d’ailleurs peut-être prohibitifs pour nos collectivités.

A défaut ou en complément de ces retransmissions, nous pouvons tout à fait envisager un programme d’animation: créer un coin Euro 2008 avec les résultats et toutes les informations, faire venir les footballeurs connus et moins connus du coin pour des rencontres ou des discussions autour des matchs, jeu de pronostics avec des abonnements gratuits à gagner,… Vous pouvez ajouter d’autres idées en commentaires.

Je vois certains d’entre-nous tenté par une contre-programmation à dimension culturelle: conférences philosophiques, concert de musique traditionnelle,… et pourquoi pas les deux? Comme une chaîne de restauration rapide, nous pourrions oser l’alternative: Foot ou philo? A vous de décider… et proposer deux activités le même soir. Pourquoi pas des animations jeunesses pour les enfants qui n’auraient pas le droit de regarder le foot?

Si des bibliothèques ont proposé ou proposent des actions en lien avec le foot ou tout autre sport, j’attends le descriptif dans les commentaires. Sinon, qui est prêt à relever le défi? Je vois bien Angers comme première BU Foot!

Pour terminer, dans le cadre du concours des Biblioclip, qui filme un match de foot (ou presque) dans les rayonnages de sa bibliothèque?

Colloque Nouveaux publics en bibliothèques : chantier en cours

 - by Xavier Galaup

Les prochaines journées d’étude transfrontalières Biblio 3 auront lieu les lundi 22 et mardi 23 septembre 2008 à la Préfecture du Haut-Rhin (Colmar).

De l’analyse des publics et de leurs pratiques en passant par les évolutions liées à internet, de nombreux exemples d’actions innovantes pour conquérir de nouveaux publics seront présentées. En fin de colloque, nous visiterons en détail les approches marketing des bibliothèques polonaises avec Henryk Hollender (Politechnika Lublelska, Lublin /Pologne) et finlandaises avec Maja Berndtson (Bibliothèques de Helsinki, Finlande).

Programme détaillé

Lundi 22 septembre 2008

Matinée

Modératrice : Suzanne Rousselot, Médiathèque Départementale du Haut-Rhin

10h00 : Ouverture du colloque par Charles Buttner, Président du Conseil Général du Haut-Rhin

10 h30- 12 h00 : Fréquentation, usages et image des bibliothèques publiques en France – Christophe Evans, Bibliothèque Publique d’Information, Paris. (F)

Après-midi

Modérateur : Gerhardt Matter, Bibliothèque cantonale de Bâle-campagne (CH)

14h00- 15h15 : Fontaines de connaissance ou musées du livre : les bibliothèques municipales vues par les non-usagers – Olivier Moeschler (Observatoire science, politique et société, Université de Lausanne) (CH))

15h30- 17h00 : L’approche sociologique « sinus-milieux » et la définition ciblée de publics : sa transposition en bibliothèque – Gabrielle Kesselmeier, bibliothèque municipale de Hannover-Linden (D)

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Pouvoir apprivoiser le futur pour les bibliothèques musicales

 - by Xavier Galaup

Je relaie ici l’appel lancé par l’ACIM à la Ministre de la Culture. Après avoir rappeler nos missions et le contexte numérique La lettre ouverte rédigé par Arsène Ott interpelle l’Etat et les élus au nom des bibliothécaires musicaux sur les difficultés notamment juridiques pour les médiathèques à jouer leur rôle de médiation et d’éducation à la musique.

« Pour mener à bien notre travail de médiation et d’accompagnement du public nous sommes souvent amenés à démêler un écheveau de règles juridiques paralysantes. Plutôt que d’être portés par la vague numérique nous avons ainsi le sentiment d’être pris en étau entre notre action menée dans le respect des droits d’auteurs et notre mission qui est de faciliter l’accès à la musique sous toutes ses formes. » (Arsène Ott)

Au-delà du courrier adressé à Mme Albanel, il revient à chacun d’entre-nous d’écrire à son député (liste) et son sénateur (liste)

Outre la mise en oeuvre effective de la DADVSI qui reste suspendue à des décrets d’application, un projet de loi visant à transcrire les recommandations de la mission Ollivenes doit bientôt passer à l’assemblée nationale. C’est donc le moment de défendre nos missions de service public autour de la musique.

Les bibliothèques musicales producteurs?

 - by Xavier Galaup

Voici une nouvelle contribution pour les rencontres nationales 2008 des bibliothécaires musicaux: les bibliothèques musicales ne devraient-elles pas s’inscrire dans le mouvement de site comme MyMajorCompagny , Spidart et autre Beproducer, en produisant ou contribuant à produire des albums?

Au-delà de la médiation des musiques via des sélections d’albums existants ou grâce aux coups de coeur, les bibliothécaires musicaux se positionneraient encore plus comme des auditeurs avisés en choisissant des artistes à produire. C’est aussi manière de se faire connaître en participant à ces réseaux sociaux de production hors labels établis. Nous pourrions participer à la promotion de ces artistes qui, en échange de la contribution financière, nous fourniraient plusieurs exemplaires de leur album et viendraient faire des concerts dans nos médiathèques…

Cela nous permet d’accéder plus facilement à cette forme de production d’albums pas toujours dans le commerce. Il reste à trouver la case comptable dans laquelle les collectivités pourraient payer cette production. Dans des Conseils Généraux, il y a en ce moment un intérêt pour les musiques actuelles, ce pourrait être le moyen de trouver des financements grâce à des partenariats en interne.

Prêt(e)s à se lancer dans la production?

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