Category:action culturelle’
La bibliothèque des livres vivants arrive en France
- by Xavier Galaup
Après le Danemark, le Conseil Général de Meurthe et Moselle propose d’emprunter des êtres humains pour 20 à 30 minutes. L’objectif de la bibliothèque des livres vivants est de lutter contre les préjugés que nous pouvons tous avoir contre des nationalités, des préférences sexuelles ou des modes de vie. Le catalogue (sic) de cette bibliothèque comprend une handicapée, un bénéficiaire du RMI, un jeune de quartier, une femme maghrebine, un SDF, un homosexuel, une lesbienne et un tsigane. Le Français moyen ou la ménagère de moins de 50 ans sont-ils en commande? En effet, le jeune de quartier a peut-être lui aussi des idées reçues de ce qu’est un français…
Je trouve malgré tout l’initiative intéressante même si le fait que la bibliothèque soit localisée dans un forum FNAC me gêne un peu. Dans une sociéte où le brassage existe de moins en moins et où la méfiance s’est installée vis à vis de ce qui est différent, c’est une action visible d’une collectivité soutenant la diversité et incitant à la curiosité envers autrui. Cela a certes un parfum de télé-réalité mais dans ce domaine toutes les stratégies sont bonnes à prendre. Est-ce une préfiguration de ce qu’Olivier Ertzcheid appelle the Next Big Thing: cataloguer l’individu.
Lecteurs ou bibliothécaires nancéiens, faites-nous part de vos impressions.
Que pensez-vous de cette action?
Merci au camarade de promotion Christophe Robert pour l’information
Quelle place pour la musique en bibliothèque?
- by Xavier Galaup
Je reprends ici un courriel diffusé sur discothecaires_fr à propos de la lancinante question que se pose en ce moment les bibliothécaires musicaux.
Etre de simple pourvoyeur d’une offre de documents est une impasse.Cela revient à se positionner dans un univers de consommation sur lequel, T. Saglio, a raison de dire que nous ne ferons jamais le poids. En outre la démocratisation basée sur l’offre est aussi insuffisante car l’appétence à la culture se développe du fait de contacts répétés et à des pratiques culturelles régulières.
C’est pourquoi je défends depuis quelques temps l’idée que les bibliothèques y compris musicales doivent développer ou renforcer les activités de pratiques culturelles autour des collections (matérielles ou virtuelles). J’en parlais dans mon diaporama présenté lors des rencontres nationales 2007 et c’est l’un des points de vue que je développe dans mon mémoire d’étude du diplôme de conservateur.
Pour les bibliothèques musicales, il s’agirait d’accompagner les pratiques musicales et la culture musicale autour des contenus:
- Les animations bien sûr sans chercher à faire des inscrits et des prêts.
- la formation. Il me semble que c’est une grossière erreur que de négliger cela en France. Selon le contexte, des actions de formation musicale, seul ou en partenariat avec les écoles de musique. Liste non-exhaustive: découverte de la musique, solfège, apprentissage et pratiques d’instruments,…
Quelle place pour l’action culturelle en bibliothèque?
- by Xavier Galaup
La place de l’animation en bibliothèque me semble fragilisée par la démultiplication de l’offre culturelle. En effet depuis quelques années, le nombres d’activités culturelles, de festivals, de lieux de spectacles a considérablement augmenté. Ces propositions sont issues à la fois de la sphère privé (librairies, grandes enseignes, magasins de loisirs, …) ou de la sphère publique (théâtres, centres culturels, associations, médiathèques, scènes de musique actuelle, musées, …). Les grandes surfaces culturelles spécialisées ou les magasins qui vendent des produits de loisirs créatifs développent par exemple des programmes parfois important de rencontres d’écrivains, de mini-concerts voire d’ateliers créatifs. De leur côté, les médiathèques se sont emparées depuis quelques années de l’action culturelle pour mettre en oeuvre une proposition variée de rencontres, de lectures, de soirées contes, de concerts, de club de lectures ou d’ateliers d’écriture voire même des festivals comme peuvent l’organiser des collectivités, des associations ou des entreprises privées.
Le citoyen se trouve confronté à une offre sans cesse croissante et dont les différences sont floues. En outre, rien ne prouve pour l’instant que cette offre ait démocratisé l’accès à la culture. Il semble plutôt que ce soit toujours le même type de public qui s’intéresse et fréquente ces actions.
Dès lors, je m’interroge sur quelle place pourra occuper les bibliothèques dans un univers concurrentiel où elles ne peuvent rivaliser ni en terme des contenus ni en terme de publicité à cause des faibles budgets dont elles disposent. Dans un univers dominé par la communication, il est certes important de continuer à proposer de l’événementiel mais comment concilier celui-ci avec notre mission de démocratiser la culture?
L’une des pistes est probablement de considérer l’évènement comme un moment fort et visible d’un ensemble d’actions menées au long court autour d’une multiplicité d’activités (ateliers, formations, conférences…) qui tracent différents sillons auprès de différents publics. Citons le travail dans et hors la bibliothèque avec des intervenants essentiellement locaux ou des invités réguliers à la mise en relation des contenus culturels avec des pratiques culturelles (atelier d’écriture-lecture ; musique-pratique musicale,…). Nous pouvons très bien imaginer un ensemble d’activités autour d’un thème, par exemple l’eau, qui se déclinerait en conférence, ateliers d’écriture et/ou de création musicale, concours de dessins ou de poème, rencontre avec un écrivain, lectures de pièce de théâtre puis rencontre avec des comédiens, appel à proposer des photographies qui seraient intégrées dans une page web du site de la bibliothèque, etc…
L’enjeu est selon moi d’élargir les modalités de l’action culturelle afin de favoriser la participation de tous les publics. Toutes les formes de partenariat pourront être ici utilisées.
Est-ce que vous percevez d’autres pistes?